OPINIONS – Lettre d’un patriote à ses frères citoyens : Pour une gestion sobre, vertueuse, et humaine (Par Bocar Koundour)

Lettre d’un patriote à ses frères citoyens : Pour une gestion sobre, vertueuse, et humaine.

Je ne vous écris ni depuis une tribune officielle, ni en technocrate froid qui sort des chiffres d’un carton. Je vous écris en tant qu’homme, en tant que père de famille, en tant que fils de ce pays qui sue, qui peine, mais qui espère encore.

Je ne suis ni un saint, ni un héros. Je suis juste un citoyen qui en a assez de fermer les yeux le soir en se disant : « Demain, ça ira peut-être mieux. » Non. Demain, ce sera pire, si nous ne disons pas stop aujourd’hui.

Je vois vos visages dans les transports bondés. Je vois vos regards dans les marchés, quand le prix du riz grimpe encore. Et pendant ce temps, je vois des politiques rouler dans des véhicules de luxe achetés avec des fonds qui étaient censés reboucher nos routes ou acheter des médicaments pour nos mères. Ce décalage, il me tord les tripes. À vous aussi, n’est-ce pas ?

Alors parlons franchement. Mettons les pieds dans le plat.

Vous savez quoi ? Je crois profondément que nous sommes tous d’accord sur l’essentiel. Que nous soyons de telle ou telle obédience, nous voulons tous la même chose : que l’argent du peuple serve le peuple. Pas les poches d’une caste. Pas les comptes offshore d’un ministre. Pas les enveloppes opaques qui circulent sous le manteau.

Je vous le demande : pourquoi tolérer encore ces fameuses « caisses noires » ? Moi, je les appelle des trous noirs : elles aspirent notre avenir. Je ne veux plus de virgules mystérieuses dans les budgets. Je veux du concret. Je veux qu’on me montre, qu’on vous montre, chaque centime dépensé, comme on montre la note d’un restaurant. Si c’est mon argent, j’ai le droit de savoir.

Et je ne vous parle pas de révolution, je vous parle de bon sens.

Nous avons besoin d’outils, de vrais, entre nos mains. Pas de grandes déclarations qui s’envolent avec le vent. Je veux une Cour des comptes qui ne soit pas une chambre d’enregistrement, mais un bouledogue. Je veux des audits surprise, des contrôles citoyens, des plateformes où chacun de nous peut signaler une anomalie sans craindre pour sa vie ou son travail.
La bonne gouvernance, ce n’est pas un mot savant ; c’est le droit le plus basique de l’honnête homme.

Mais là où je deviens vraiment colère, c’est quand je pense à l’impunité.

Parce que, voyez-vous, un délinquant en col blanc qui détourne un million, il vole dix repas de cantine scolaire. Il vole les pièces détachées d’une ambulance. Il vole le salaire d’un enseignant. Et que lui arrive-t-il ? Rien. Une mutation, un silence, une retraite dorée. Pendant que le petit voleur de poulet va en prison, le grand voleur de la République est invité aux réceptions.

Ça, je ne l’accepte plus.

Je ne demande pas leur tête par haine, mais par amour de la justice. La criminalisation du détournement des deniers publics n’est pas une vengeance ; c’est un rempart. C’est la seule manière de protéger nos enfants de ce système où le crime paie mieux que le travail.

Alors, mes sœurs, mes frères, ne restons pas silencieux. Arrêtons de croire que la politique est une affaire de « grands ». La politique, c’est notre affaire. C’est la gestion de notre maison commune.

Je vous tends la main, sans naïveté, mais avec la fermeté de celui qui sait que la transparence guérira nos maux. Si nous restons unis, si nous exigeons partout les mêmes comptes, le vent tournera.

Le vent de la probité est plus fort que le vent de la corruption… si nous soufflons ensemble.

Ensemble, lavons notre République de ses gangrènes.

Bocar KOUNDOUR
Patriote Engagé pour l’éthique, la probité citoyenne

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par Yéro Guissé

Journaliste - Blogueur - Entrepreneur - Créateur de contenus Web - Passionnée de l'écriture et fortement attaché au Fouta Natal et à la Culture Pulaar !