Rétablir la vérité : Les Foutanke ne sauraient être des étrangers à Madina Gounass

Rétablir la vérité: Les Foutanké ne sauraient être des étrangers à Médina Gounass.

Il est temps de dissiper les ombres du doute et de rétablir la vérité historique concernant Médina Gounass et ses habitants. Cette cité, fondée en 1936 par Thierno Mouhamadou Seydou Bâ, est depuis  quelques jours au centre de débats injustes visant à dépeindre les Foutanké comme des étrangers sur cette terre. Rien n’est plus éloigné de la vérité. Les Foutanké sont chez eux à Médina Gounass, et il est crucial de comprendre pourquoi.

Lorsque Thierno Mouhamadou Seydou Bâ quitta le Fouta Toro en 1929, il ne s’agissait pas simplement d’une migration. C’était un appel spirituel, une quête pour établir un nouveau centre de foi. En 1936, il fonda Médina Gounass, attirant à lui des fidèles venus du Fouta Toro, les Foutanké, mais aussi des autochtones Peuls du Firdou de Kolda et Vélingara. Ensemble, ces communautés ont bâti une cité prospère sous la direction éclairée de Thierno Mouhamadou Seydou Bâ.
Il faut aussi reconnaître que les Peul autochtones (Firdou ou Ngabounké) de la région furent parmi les premiers disciples de Thierno Mouhamadou Seydou Bâ parcequ’ils étaient les plus proches de Médina Gounass. C’est ce qui explique leur forte présence au centre de la ville. Mais les Foutanké aussi ont répondu en masse à l’appel de Thierno Mawdo et ont été de bons disciples. Maintenant, ils sont majoritaires dans la ville.

Il est donc erroné de considérer les Foutanké comme des étrangers. Leur contribution à la fondation et à la prospérité de Médina Gounass est indéniable. Ils ont répondu à l’appel de Thierno Mouhamadou Seydou Bâ, ont quitté leurs terres d’origine pour embrasser cette nouvelle mission spirituelle, et se sont intégrés profondément dans le tissu social et spirituel de la ville. Leur présence est ancrée dans l’histoire même de Médina Gounass.

Pour comprendre cela, il suffit de regarder l’histoire d’autres foyers religieux au Sénégal. El Hadji Malick Sy, par exemple, quitta le Fouta Toro pour s’établir à Tivaouane, aujourd’hui un des plus grands centres religieux du pays. Personne ne songe à traiter les descendants d’El Hadji Malick Sy d’étrangers. De même, El Hadji Abdoulaye Niass quitta le Djolof pour fonder Taïba Niassène au Saloum, et El Hadji Amadou Déme s’installa à Sokone après avoir quitté le Fouta. Et que dire de Mbacké Baol, fondé par Mame Marame Mbacké, l’arrière-grand-père de Serigne Touba ? Mame Marame Mbacké n’était pas originaire du Baol, et pourtant, il a donné naissance à la grande cité de Touba, aujourd’hui un symbole puissant de la foi et de la spiritualité sénégalaise. Ces migrations et ces fondations de foyers religieux par des marabouts venus d’ailleurs sont profondément enracinées dans notre histoire nationale.

Ainsi, les Foutanké de Médina Gounass ne peuvent être considérés comme des étrangers. Leur présence est intrinsèquement liée à l’essence même de cette cité. Médina Gounass appartient à tous ceux qui acceptent de vivre sous l’autorité spirituelle du Khalif Amadou Tidiane Bâ. La ville doit être un vibrant témoignage de l’unité et de la fraternité entre les communautés.

En mémoire de Thierno Seydi Ali et de Thierno Mouhamadou Seydou Bâ, nous appelons tous les Ngabounké à accepter la volonté divine, à accepter la présence des Foutanké et l’influence de Thierno Amadou Tidiane Bâ. Il n’y a rien à détester chez ce grand homme de Dieu qui a tout donné à notre religion et à notre Tariqa. Seules des âmes perdues s’en prendront à lieu. Il est héritier légitime de son père, donc de Thierno Seydi Ali Thiam, de Thierno Cheikh Barro et même de Cheikh Ahmad Tidjani.

Médina Gounass, née de la rencontre de cultures diverses, est un symbole éclatant de ce que nous pouvons accomplir collectivement. Cette cité doit briller comme un phare de paix, de foi et de solidarité, inspirant l’unité et la fraternité parmi nous tous. Aucun projet de déstabilisation ne doit prospérer.

Que cette vérité soit entendue et respectée. Médina Gounass est le foyer commun de tous ses habitants, et les Foutanké y sont chez eux, aujourd’hui et pour toujours.

Seydi Diallo enseignant à l’IEF de Guinguinéo.

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