L’Héritage Lumineux de Thierno Mawdo : Pèlerin de la Foi et Phare de la Tidjaniya

Aux aurores du XXème siècle, dans l’écrin de Thikité dans le Fouta, s’éveilla à la vie Mouhamadou Seydou Bâ. Tel un astre dédié à la lumière de l’Islam et au rayonnement de la Tidjaniya, il entreprit son existence terrestre. Fruit de l’union de Thierno Seydou Alpha Hammath et de Sokhna Hawoly Bâ, deux âmes ferventes, il hérita de leur foi inébranlable.

Orphelin de mère dès la tendre fleur de ses neuf ans, et de père au seuil de l’adolescence, le jeune Mamadou Hawoly fut sculpté par les mains du destin, guidé par la boussole inébranlable de la tradition prophétique de Muhammad (PSL) et l’ancre sacrée du cheikh Ahmed Tidiane (RTA). Dans la forge du malheur, son esprit se trempa, brillant d’une intelligence étincelante, d’une piété sans faille, d’une vertu inébranlable et d’une modestie aussi vaste que le ciel nocturne.

Dès l’aube de sa jeunesse, Mouhamadou Seydou se distingua par l’éclat de son esprit, la profondeur de sa piété, la richesse de ses vertus et la grâce de sa modestie. Sa vie fut un chemin sinueux semé d’écueils et d’adversités, qu’il arpentait avec la dignité des montagnes. Sa dévotion, son humilité, sa quête inlassable de la vérité et son mépris pour la tromperie lui attirèrent l’estime universelle, bien que l’ombre de la jalousie et de l’hostilité planât parfois sur lui.

Par la grâce de la Providence, il déjoua les complots ourdis par l’envie, survivant à maintes tentatives de déstabilisation. Dans le giron du Fouta, il absorba les savoirs des érudits musulmans, s’illustrant par son intelligence aiguisée, son immense érudition et la sagesse de ses paroles.

À l’instar de Seydina Cheikh Ahmad Tidjani, il se forma et excella dans l’ensemble des disciplines savantes reconnues par les érudits musulmans du Fouta de sa génération. Il gagna l’affection et l’estime de ses mentors grâce à son intelligence vive, son érudition et sa prudence.

Thierno Muhammadou Seydou Ba était l’élève de quatre éminents maîtres, à savoir :

  • Cheikh Yero Baal Anne,
  • Cheikh Hameth Baba Talla,
  • Cheikh Aladji Aly THIAM,
  • et Cheikh Ahmad Barro, qui le promut au rang de Muqaddam, puis à celui de Khalife dans la confrérie Tidjaniya. Ce dernier lui conféra le Grand Nom d’Allah (ismoul a’dham) pour la récitation et l’instruisit dans la récitation de 12 000 salatoul fatihi chaque nuit.
    Suite à l’assimilation des leçons et des gnoses divulgués par ces illustres maîtres, il parvint aux niveaux spirituels attendus, en particulier celui du grand Cheikh et Axe de son époque.

Ce fut ensuite qu’il prit la direction du sud vers Kolda, où il rencontra Seydi Aladji Aly Thiam, père de l’ancien imam de Madina, Thierno Ousmane Thiam, qu’il avait lui-même nommé à ce poste de son vivant. Seydi Aladji Aly Thiam résidait à Madina Aladji, à 17 km de Kolda (sud du Sénégal). Il fit également la rencontre du père de Thierno Mansour Barro, Thierno Ahmed, à Kolda. Ce dernier, un éminent ouléma, renforça sa quête et son apprentissage religieux. En effet, Thierno Ahmed Barro et Seydi Alhadji Aly Thiam furent ses mentors et conseillers spirituels.
Les enfants de ces derniers étaient très jeunes à la disparition de leurs pères. C’est pourquoi Thierno prit leur tutelle en main. Il se chargea de leur éducation, leur apporta son guide spirituel et son enseignement. Les trois familles se sont unifiées, ne formant plus qu’une seule entité, et les mariages se sont faits entre elles.

Le saint homme a établi 65 villages, dont 51 au Sénégal.

Dans chaque établissement, il a laissé derrière lui une mosquée, une école coranique et un imam. Le total des mosquées qu’il a construites s’élève à 93 dans la région ouest-africaine. Il a également réussi à étendre la tradition du DAAKA à d’autres horizons, y compris en France, au USA et à l’intérieur du Sénégal.

Son œuvre majeure reste la création de la ville sainte de Madina Gounass, qu’il a fondée en 1936.
Il a également instauré l’événement annuel du Daaka dans la brousse, à 10 km de la ville sainte de Médine Gounass. Cette retraite spirituelle de dix jours est consacrée à la lecture du Coran et à l’invocation d’Allah, avec pour objectif de purifier le cœur des attaches matérielles de ce monde et de recentrer le croyant sur le souvenir d’Allah, Tout-puissant et Exalté.

Initialement, les Daaka étaient des rassemblements intimes, limités à la famille et aux proches de Cheikh Muhammadou Seydou Bâ jusqu’en 1960. Après cette date, ils se sont ouverts à tous, offrant à la communauté musulmane l’opportunité de récolter les bienfaits de cette forme de dévotion. Notamment en France (Mantes-la-Jolie) et dans certains villages du Sénégal, la diffusion du Daaka a permis aux fidèles de se retrouver dans une fraternité islamique dédiée à l’adoration d’Allah l’Unique et à l’éducation de l’âme dans le renoncement aux désirs éphémères.

Après s’être imprégné de la sagesse et des arcanes des illustres maîtres qui croisèrent sa route, le père de l’actuel Khalif s’éleva aux plus hauts sommets spirituels de son époque, accédant à la stature éminente de grand cheikh et de phare spirituel. Sa notoriété en tant que guide éclairé ne cessa de croître et de s’enraciner.

Lors de ses pèlerinages répétés à Fès, cité marocaine enveloppée de mystères, il cultivait sa foi. Cependant, un de ces voyages devint le prélude de son ultime adieu: atteint par la maladie, il rendit son souffle le 26 juin 1980 à Dakar. Son corps saint repose dans le sanctuaire de Médina Gounass, cité de lumière et de paix qu’il érigea de ses mains et de ses prières le 27 février 1936.

L’existence et l’œuvre de Thierno Mawdo demeurent un témoignage éloquent de son engagement absolu envers l’Islam et la Tidjaniya. Son héritage spirituel, tel un baume pour les âmes, et ses apports à la religion, continuent d’éveiller l’inspiration et d’exercer une influence bienveillante parmi les fidèles du Dental.

Seydi Diallo enseignant à l’IEF de Guinguinéo

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