Le quinquennat : une exigence démocratique

Elu pour 7 ans conformément à la Constitution de 2001, le Président Macky Sall ne cesse de réitérer sa volonté de renoncer à deux ans de mandat et de restaurer ainsi le quinquennat. Le débat sur la durée du mandat présidentiel est toujours d’actualité au sein de la classe politique sénégalaise. Si l’opposition demande au Président Macky Sall de respecter son engagement, certains partisans du Chef de l’Etat sont pour le respect de la Constitution (le septennat).  Mais selon les spécialistes des questions constitutionnelles et politiques, le quinquennat serait plus conforme et plus adapté à la démocratie moderne.

Lors de son discours de nouvel an, le Président Sall a annoncé 15 propositions pour un projet de révision constitutionnelle dont le retour du quinquennat pour le mandat présidentiel, réitérant ainsi son ambition d’opérer « des changements consensuels appropriés sans provoquer de rupture normative dans la nature même de notre régime politique » afin de « moderniser, stabiliser et consolider notre démocratie, renforcer l’Etat de droit et améliorer la gouvernance des affaires publiques ».

Un mandat plus court est donc d’essence plus démocratique dans la mesure où il permet au peuple souverain d’intervenir plus souvent et plus directement dans la conduite des affaires publiques. En démocratie, l’autorité ne peut se dissocier du principe de responsabilité, or le Président de la République n’est pas responsable politiquement ; un mandat de 5 ans rend ainsi ce paradoxe plus acceptable. Le quinquennat contribuera à la vitalité du débat démocratique car l’élection du Président de la République est l’occasion d’un vaste débat sur les grandes orientations de la politique nationale.

Avec le quinquennat, le pouvoir politique du Président de la République est clairement identifié dans la mesure où c’est lui qui mène et définit la politique de la nation. C’est également un réel facteur de lutte contre l’affaiblissement de la légitimité, la longue gestion des affaires publiques et de la responsabilité politique. L’institution du quinquennat sera  une rupture importante avec le septennat consacré par la Constitution de 2001 et un éventuel verrouillage de cette disposition réglera définitivement les multiples controverses issues de la durée du mandat présidentiel.

Yero Guisse

yero@yeroguisse.com

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